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 John McLaughlin : Devotion (1970)

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Ayler
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MessageSujet: John McLaughlin : Devotion (1970)   Dim 11 Juil 2010 - 12:06

John McLaughlin : Devotion (1970)



1. Marbles (4:05)
2. Siren (5:55)
3. Don't Let the Dragon Eat Your Mother (5:18)
4. Purpose Of When (4:42)
5. Dragon Song (4:13)
6. Devotion (11:25)

Crédits :

John McLaughlin : guitare
Larry Young : orgue, piano électrique
Billy Rich : basse
Buddy Miles : batterie, percussions

Enregistré en février 1970 aux Record Plant Studios, New York.
Produit by Alan Douglas & Stefan Bright.


Alan Douglas, Buddy Miles, Billy Rich, Larry Young sont quatre personnages familiers de l'univers Hendrixien... mais le présent album est bien signé John McLaughlin.

"Devotion" est le second album solo de John McLaughlin. Il marque une rupture radicale avec son premier opus ("Extrapolation"), enregistré en Angleterre. Guitariste de jazz aventureux sur son premier disque, il propose ici (pour la première fois sous son nom) un style inédit mais dont les techniques guitaristiques renvoient plus à Jimi Hendrix qu'aux guitaristes de jazz des années 60. Le terme "jazz rock" prend ici tout son sens : John mélange en effet les harmonies du jazz moderne avec le son et les rythmes de la musique rock. Son style est d'ailleurs nettement plus rock ici que sur ses deux premiers enregistrements avec Miles Davis ("In A Silent Way" et "Bitches Brew") ou le premier album du groupe où il officiait alors ("Emergency" du Tony Williams Lifetime).
Le style de John a nettement évolué entre temps. "Turn It Over" (Tony Williams Lifetime) et "A Tribute to Jack Johnson" (Miles Davis), qui sont contemporains, montrent par contre eux aussi l'influence Hendrixienne croissante sur le jeu de John.

Il est intéressant de constater que, dès 1970, Alan Douglas était déjà très controversé : Buddy Miles et John McLaughlin se plaindront de la manière dont le producteur a remonté l'album dans leur dos, pratiquant des copiés collés non pensés alors par les musiciens. John McLaughlin déclara n'avoir perçu que 2 000 dollars pour cet album et le suivant (l’excellent "My Goal's Beyond")... et aucunes royalties.
L'univers des musiciens est petit : nul doute que Jimi aurait pu avoir vent de cette histoire et se méfier plus encore d'Alan Douglas (leurs rapports étaient certainement moins idylliques que ce que Douglas affirma par la suite en interviews...).

Autre enseignement : on retrouve Billy Rich à la basse. Cela confirme ce que la plupart des biographes de Jimi relatent : Douglas et Miles n'appréciaient pas Billy Cox plus ça, lui préférant nettement Billy Rich (dont il existe un certain nombre de jams avec Jimi).

Musicalement, "Devotion" est aussi fascinant qu'il peut être déconcertant.
Il est fascinant car la musique qu'il propose était totalement inédite alors : par bien des aspects, on trouve ici tout ce qui fera la gloire du Mahavishnu Orchestra, avec une touche psychédélique bien plus marquée. John McLaughlin et Larry Young rivalisent d'audace et n'hésitent pas à investir des territoires inconnus. Là où les guitaristes de jazz faisaient preuve d'un parfait conservatisme au niveau du son, John McLaughlin mêle saturation, wah wah & écho au même titre que les guitaristes de rock les plus aventureux de l’époque. La production de Douglas, qui a remonté le disque comme un concept album, brise un tabou de la production jazz de l'époque, pour le moins frileuse en la matière (à l'exception de Teo Macero, le producteur de Miles Davis).

Mais "Devotion" est aussi déconcertant par certains aspects : Buddy Miles et Billy Rich étaient peut-être trop rock pour jouer sur tout un album de McLaughlin. Si leur association fonctionne bien sur certains morceaux, le jeu de Buddy Miles manque de relief sur la durée. En même temps, c'est sans doute leur présence qui rend ce disque accessible à un plus large public.
Autre bémol : la qualité audio de l'album n'est pas extraordinaire, mais il semblerait que certains pressages (et il en existe beaucoup) soient de nettement meilleure qualité que d'autres...
De même, l'ordre des titres varie en fonction des rééditions.


Dès les premières notes du disques, une évidence s'impose : l'arpège psychédélique de l'introduction s'éloigne considérablement des canons de la guitares jazz... sans toutefois être vraiment rock. Mais le rythme s'emballe rapidement : le riff de "Marbles" est irrésistible et s'impose d'emblée comme un classique. Il sera d'ailleurs repris quelques mois plus tard par le tandem Carlos Santana/Buddy Miles sur le Live commun des deux hommes.

"Siren" commence comme un blues sous acide mais devient rapidement un titre au riff obsessionnel préfigurant les ambiances développées par la suite sur "Birds Of Fire"... mais que dire alors de "Don't Let the Dragon Eat Your Mother", où le groupe joue le thème de "Resolution". Le titre se termine par l'arpège de l'introduction, utilisé aussi comme courte transition entre les titres 2 et 3.

"Purpose of When" est le prétexte à un long solo de McLaughlin, où la nervosité de son jeu contraste avec le relâché de la section rythmique.

"Dragon Song" débute comme un inédit du Band Of Gypsys, avec un riff très rock, mais, de même que le titre suivant, "Devotion", présente une musique que l'on peut aisément qualifier de proto-Mahavishnu Orchestra (on retrouve d'ailleurs les bases de "One Word", lui aussi présent sur "Bird Of Fire").
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MessageSujet: Re: John McLaughlin : Devotion (1970)   Dim 11 Juil 2010 - 12:07

Extrait d'une interview reproduite dans Le grand livre du Jazz par J.-E. Berendt (éd. du Rocher, 1994) p. 153 :

"McLaughlin : Et pourtant j'ai été trahi, certaines personnes m'ont volé de l'argent, et je me suis souvent retrouvé dans des positions délicates. Je n'oublierai jamais ma première expérience avec les Douglas Records. J'ai rencontré le type et il avait l'air sympa. Mais le premier disque que j'ai réalisé pour lui - Devotion, avec Buddy Miles à la batterie et Larry Young à l'orgue - fut une expérience terrible. Après l'avoir enregistré, je suis parti en tournée avec Tony Williams et lorsque je suis revenu, il avait terminé l'album ; il l'avait mixé, il avait coupé ceci, coupé cela et il y avait des parties dans lesquelles je ne reconnaissais pas ma musique. J'étais en état de choc.

Berendt : Combien vous ont-ils payé ?

McLaughlin : Ils m'ont payé deux mille dollars.

Berendt : Seulement ? Pour un disque aussi célèbre et qui s'est vendu - et se vend encore - dans le monde entier ?

McLaughlin : Non, pas pour un disque. J'ai touché deux mille dollars pour les deux disques que j'ai fait pour eux - Devotion et My Goal's Beyond..."

Une autre chronique, en français :

http://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=7021
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