Jimi Hendrix


 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Interview avec Tony Palmer : 15 Mars 1968

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Tontonjimi



Messages : 2176
Date d'inscription : 04/06/2010
Age : 43
Localisation : Dunkerque (France)

MessageSujet: Interview avec Tony Palmer : 15 Mars 1968   Dim 11 Juil 2010 - 12:04

Interview avec Tony Palmer à Clark University : 15 Mars 1968


Tony Palmer: J'aimerais commencer parce qui s'est passé ce soir...
Jimi: Hum. Ha oui...c'était la première fois qu'on utilisait cet ampli. C'était la toute première fois et il a complétement déconné. On a même pas eu la possibilité de vraiment chanter des chansons correctement et c'était vraiment pénible parce que je ne m'entendais pas chanter...par moments, je n'arrivais pas à m'accorder comme il faut. Mais il nous reste encore un concert, alors ça va aller.
TP: Cela vous arrive souvent?
Jimi: Pas tellement. Le plus souvent c'est l'amplis qui crame...où quelque chose qui explose ou qui lâche.
TP: Quel genre de problème d'équipement vous rencontrez, alors?
Jimi: Bon, c'est comme...on joue très fort, pas tout le temps mais quand on essaye d'obtenir un son fort, parce qu'on n'est que trois et en plus on a tendance à triturer les réglages de nos amplis spéciaux.
TP: Comment ça se fait que vous jouiez si fort?
Jimi: Bon...ce n'est pas obligatoirement fort, c'est juste une certaine sensation qu'on a en jouant à certains volumes, comme le fait que toutes nos chansons n'ont pas le même volume, tu sais. Par exemple, je crois qu'on a fait "The Wind Cries Mary" ou peut-être...
Noel: Ouais.
Jimi: Ouais, alors dans ces cas-là on baisse le volume en fonction de la chanson.
Mitch: Alors, pour ta réponse, la dynamique, le concert ou...c'est vraiment pénible lorsque ça se passe mal, tu sais...surtout sans matériel. Parce que,il faut quand même qu'on prenne notre pied sur scène pour que le public en profite, tu sais...c'est comme ça que ça se passe.
TP: Toutes les descrïptions que j'ai lues de votre musique la décrivent toujours comme du Blues. Tu peux m'en parler, Jimi, du fait qu'on dit toujours que c'est du Blues, et ta réaction par rapport à ça, ou de la Soul. Ouais, je suis avec toi! Mais, je veux dire, ils ont raison?
Jimi: Everybody say yes!
Mitch: Yeees!
Jimi: Everybody say "Do you feel all right?"
Noel: Hehh! ça sonne faux.
Jimi: Ouais, je me sens bien...écoute...c'est une petite révélation: je ne peux rien dire à propos de notre musique, mais je sais qu'elle n'est pas...classifiée...Je ne la considère par comme Rhytme and Blues, du genre "Top 40 rhytm and Blues". Je ne la considère pas comme du Blues au sens strict, comme Noel cherche dans le rock et ça vient, tu sais, du bon rock Anglais, c'est très hard...et hum...Mitch est plutôt Jazz, comme Elvis Jones, et tout ça, et moi j'aime le Blues, mais j'aime toute les sortes de musique et ça sort tout seul...Tu as peut-être un peu raison, mais je n'appellerais pas ça du Blues...C'est mieux de ne pas classifier, parce que...
Mitch: c'est juste nous, tu sais, on est très différents
Jimi: Parce que qu'alors tu vas te retrouver coincé et tu vas nous coincer...en essayant de jouer avec ce que tu penses qu'on est.
TP: Correct, mais pour quelqu'un qui ne vous a jamais entendus, comment tu la décrirais, ta musique?
Jimi: Je dirais qu'il faut venir au concert et d'écouter...Je leurs dirais qu'il y a probablement quelques notes avec un écho ici et là et alors...
Mitch: Alors tu sais, c'est comme te demander comment décrire, tu sais...Picasso...ou je ne sais pas...ou comment tu décris Louis Armstrong? Je veux dire, ça te regarde...
TP: Je sais, je suis d'accord avec toi, c'est juste que c'est toujours ce qu'on retrouve dans les descrïptions...
Mitch: Non...Ce n'est pas vrai...Ouais, mais les gens ne devraient pas se préoccuper de ça, tu sais, ils veulent toujours tout mettre dans des cases...
Jimi: Demandent aux Soft Machine, ils savent.
Noel: Oh, Eh, ils sont bons, Soft Machine.
TP: Hum, un jour, je parlais avec Mick Jagger, et il disait que toute la musique pop avait un esprit soul.
Jimi: Ouais...ouais, mais le mot soul...c'est un mot qui est tellement mal utilisé, tu sais, ça semble tellement stupide de l'utiliser maintenant. C'est un peu comme faire les fonds de tiroir pour trouver un mot nouveau...et on va dire que c'est ça. Mais toutes les choses ont un feeling, tu sais...une signification. Nous, on croit à ce qu'on essaie de faire, on y croit vraiment, au moins. Est-ce que tu crois vriament à ta musique? Moi je cherche vraiment, tu sais, mais je n'y mettrais pas d'étiquette comme "soul"...ou ceci ou cela, c'est vraiment mauvais quand tu fais ça. Parce que si ça se trouve, tu n'as pas envie de jouer ce type de chose qu'on t'a collé, tu sais, tout le temps.
Mitch: Pour dire la vérité, pour dire une grande part, ce n'est pas au niveau de la musique que ça se passe, c'est beaucoup au niveau de l'émotion, ça dépend de la manière dont tu te sens à ce moment et de ce qui se passe.
Jimi: Oui.
TP: Qu'est-ce que vous aimeriez véhiculer quand vous jouez?
Noel: La musique.
Mitch: Je ne crois pas qu'on ait à véhiculer quoi que ce soit, tu sais. Les gens doivent prendre ce qu'ils peuvent, ce qu'ils voient.
TP: Pouvez-vous raconter comment vous vous êtes rencontrés?
Jimi: Oh, ouais, c'était comme...On fesait ce que vous appelez une jam session en Angleterre. Chas avait tellement de numéros de téléphone; ils ont appelé quelques personnes. Mitch fesait partie de ceux qui sont venus...Noel aussi, il est arrivé avec sa guitare. On lui demandé, en temps voulu, s'il savait jouer de la basse. Il n'y avait jamais touché avant, alors il a commencé à jouer tu sais, j'écouitais sa manière de jouer et on fini par jouer tous ensemble. On essaye pas de prouver quelque chose, chaque chanson est son propre type de chanson...tu ne peux pas en prendre et les cataloguer, les mettre toutes dans le même panier et dire...bon ça c'est de "bla, bla" ou c'est de la "machin".
Noel: De la machin?
Jimi: c'est pas ça...c'est juste qu'on joue...comme tout le monde, il n'y a rien...tu sais.
Mitch: C'est juste ça, tu sais, à la fin tu en as marre de travailler, tu sais, pour d'autres personnes, au bout de quelques années. Tu as envie de faire ton propre truc.
TP: Jimi, peux-tu dire ce que tu penses avoir gagné musicalement dans ce trio?
Jimi: Bon, c'est un son complètement différent de celui qu'on avait séparément ou dans d'autres groupes et il est intéressant d'essayer de jouer avec ou de créer...de voir si on peut en tirer quelque chose. On est juste au début, on démarre...ça fait combien? Quinze mois qu'on est ensemble? Il faut du temps, mais il faut vraiment qu'on se sente...qu'on se trouve. Qu'on en ait marre, c'est normal, ça arriverait à tout le monde...de jouer "Purple Haze" ou la même chanson tous les soirs, alors c'est très naturel, on joue un peu en fonction de l'humeur...si on se sens déprimé ou autre. Quelque soit la réaction du public, on y va, et on joue direct. C'est comme ça que ça ce passe.
TP: Dans quelle mesure est-ce que le public vous affecte? Je veux dire, si je peux dire, tu es une bête de scène, je veux dire, tu es aillier droit, ailier gauche et au centre, tu vois. Quelle est l'importance du public? Qu'est-ce que tu peux faire pour que le public s'en rende compte?
Jimi: Bon, parfois, la moitié du temps, comme pour la tournée qu'on fait maintenant, on ne voit presque pas le public, sauf peut-être les dix premiers rangs. Alors, je veux dire, avec quoi tu dois travailler? Le mieux, c'est de contituer et de jouer comme tu le sens, tu sais. Bien sûr le public fait "hourra", il applaudit. Bien sûr...ça va te donner une sorte d'élan, mais s'il est juste assis là comme de la boue ou du plâtre, tu contuinue à jouer et tu joues comme tu le sens quoiqu'il arrive. Je pense pas qu'on joue en fonction du public, sauf peut-être du bon côté de la réaction. Tout ce qu'on fait c'est dire, si le public se met à nous huer, bon, tant qu'il le fait en rythme, pour nous sur scène c'est bon.
TP: Je veux dire, est-ce que tu essaies de les exciter?
Jimi: Parfois...ça dépends.
TP: Est-ce que tu essaies de les exciter sexuellement?
Jimi: Nan, mec. Le sexe, c'est la chose à laquelle je pense le moins, tu sais, quand on joue. Parfois...j'ai vu quelques films de nos concerts, c'était trop! Oh la la, je ne savais pas que je fesais tout ça. Mais de toute façon, je joue comme je me sens à un moment donné...comme pour faire une certaine note, il faut pincer la corde d'une certaine manière.
TP: Hum...alors tu ne cherches pas à les exiter? Je veux dire, quand tu t'es vu...
Jimi: Ouais, bien sûr que tu cherches à exiter les gens, tu vois, mais tu ne peux pas te permettre de laisser ça interférer; tu peux pas te permettre que toute la performance, c'est juste pour divertir les gens, tu ne peux pas mettre toute ta vie pour ça, tu vois, c'est 45 minutes, hein? Et dire "C'est moi, prends moi" ou quelque chose comme ça. Tu ne peux pas faire ça. Tu dois avoir quelque chose pour toi. C'est pour ça que tu joues...C'est ça la musique. Pas forcément faire une note ici, une note là, et puis je crois bien que je vais draguer cette fille là-bas...tu vois? Je fais ça parce que ça me prends comme ça, si je devais le faire pour une raison, tu vois, ça va trop vite, je garde le public dans son ensemble, peut-être, et ainsi de suite. Mais tu ne peux pas te la jouer comme, euh, travailler en fonction du public.
TP: Tu veux parler de ta vie en général? Quand tu montes sur scène, je veux dire...c'est un moyen d'expression...
Jimi: Bon allons-y...OK, quand j'ai quitté l'armée, j'étais très intéressé par la musique, c'était comme ça toute ma vie, et je jouais d'un groupe à l'autre et je me posais ici et là. Quand tu fais comme ça, tu voyages dans tous le pays, tu n'as pas de groupe, tu t'amènes et tu as peut-être l'occasion de t'exprimer, alors...tu peux vraiment le faire. Puis j'ai commencé à accompagner des groupes, des groupes du Top 40, de Rhythm and Blues, des groupes de Rhythm and Blues comme Little Richard, Isaac Brothers...et ainsi de suite. J'étais musicien d'accompagnement et ça commençait vraiment à me peser parce que...j'avais parfois des idées de chansons et tu vois, tu en as marre de jouer tout le temps la même chose, alors j'avais des idées et ils me disaient "Nan...il faut que tu fasses exactement pareil." Et tu dois faire des pas et porter des chaussures de cuir de marque et la coupe de cheveux qui va avec. Et ils se ressemblent tous, je veux dire. ça n'évoluait vraiment pas, alors je suis allé au Village...J'ai rencontré Chas, et tout ça...J'ai monté mon propre groupe...et jouer sur scène, c'est la seule manière de s'exprimer, vraiment, hein, pour moi en tous cas, parce que quand tu entres dans des conversations sérieuses, comme "Bon quel genre de personne es-tu?" Comment peux-tu répondre à ça, hein? Comme: que'est-ce que c'est? Je pourrais changer vingt fois juste parce que, je pense constamment à la musique, je suis, tu sais, tout le temps en train de la créer,et parce que ça fait partie de ma vie au point que tout ce que je fais, ça a quelque chose à voir avec la musique. C'est très, très sérieux...pour moi, tu vois? Et alors, se produire sur scène, tous ces commentaires - "Trop érotique" et "Sexe" et tout ça, je n'y pense pas du tout, c'est vraiment comme ça. Je considère ça comme une autre manière d'arriver à jouer une certaine note ou de créer un cerain feeling ou un son ou...vivre quelque chose pendant une seconde. Je ne peux pas m'en empêcher, c'est comme ça que ça se passe pour moi.
TP: Selon toi, à quoi est dû votre succès en Grande-Bretagne? Pourquoi penses-tu que c'est arrivé?
Jimi: Je ne sais vraiment pas, parce que je me rappelle le premier concert qu'on a fait en Angleterre, c'était...les gens étaient là debout avec la bouche ouverte, alors je me suis dit: "Merde qu'est-ce qui s'est passé? On était bon ou pas?" Peut-être que c'était ce qu'ils avaient vu? On aimerait penser, après, que le public peut capter et comprendre notre...si on peut, hein, vraiment faire quelques bonnes chansons...comme quelques chansons lentes, douces qu'on peut faire, mais chaque fois qu'ils parlent de nous, ils se lâchent - tu sais "Aaaaaaaaaaaahhh" et ils ne parlent plus que de "Crac, boum, hue"...
TP: Tu veux dire, que les gens se font des films à votre propos?
Jimi: Non, non, mais les affiches c'est pareil, c'est provocateur. ça finit par être chiant.
TP: Quelles sorte d'idée - bon, c'est une image, hein - , quelle sorte d'image tu voudrais...?
Jimi: C'est difficle à dire...Très difficile. ça ne change pas grand chose. Je m'en fiche, j'ai juste envie que les gens nous écoutent, c'est tout. Ils n'ont pas besoin de réfléchir à notre propos, juste écouter et nous donner l'occasion d'être entendus. Etant donné que c'est la seule manière que j'ai de m'exprimer, personnellement. Une chance d'être entendus.
TP: quelle sorte de musique vous allez continuer à jouer...Vous allez continuer à faire ce que vous faites?
Jimi: J'ai bien envie de laisser ça au hasard...Comment dire...Laisser les choses arriver...les laisser couler... ça dépend comment tu es fait dans ta tête. Evidemment, j'aime m'améliorer, ici et là, par exemple...Mitch a des idées magnifiques de sonorités complétement différentes...et si on travaille dessus, on fera des bonnes choses. Mais il faut qu'on s'aime soi-même, tu sais...Pas forcément suivre une tendance ou quelque chose.
TP: Que penses-tu des tendances dans la musique pop?
Jimi: Bon, on a beaucoup de chance d'être entendus...La première fois, tu sais, il y a tellement de groupes, qui essayent de commencer des petites choses. Ce sont de bons gars, tu sais, ils crèvent de faim...Et nous on a de la chance d'être entendus. Alors pourquoi rejoindre la cohorte des groupes et dire: "Venez, oh yeah, maintenant, vous allez voir, heu, des pantalons violets à pattes d'éléphant", ou alors: "écoutez-moi ceux-là", tu sais, "Ils sont en pleine forme" On pourrait des pantalons violets à pattes d'éléphants, mais il faudrait qu'on les porte à notre manière. Je crois bien que je porte ce pantalon depuis, humm...
Noel: Quatorze mois.
TP: Tu aimes porter les vêtements que tu as? évidemment que tu aimes.
Jimi: Oh, je les adore, mec, c'est mon truc, tu sais je travaille là-dessus.
TP: Où les trouvez-vous, vos fringues?
Jimi: Oh, tu sais, c'est des amis qui nous les font. Jagger, c'est quoi son prénom? Little Jay...Jay...
Noel: Jay, Chris...
Jimi: Jay, Chris, Danny Fashion, ont fait beaucoup de nos vêtements, une petite nana qui s'appelle Jenny The Tailor, tu sais...Juste plein de copains.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Interview avec Tony Palmer : 15 Mars 1968
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Interview avec Tony Palmer : 15 Mars 1968
» [FEARnet.com / Juin 2011] Interview Avec Andy Biersack à propos de STWOF
» Ink19 - Interview de 30 seconds to mars de 2005 !
» Ingénieuse Interview de...TONY MASERATI
» Interview avec Jane de Mendelssohn : 11 mars 1969

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Jimi Hendrix :: LES FILMS, LES PHOTOS ET LES LIVRES :: Ezy Reader-
Sauter vers: